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La fabrique des blockbusters

Tout le monde connaît, ou a entendu, le terme « blockbuster », mais d’où vient-il ? Nous avons décidé de vous éclairer sur la recette des films qui cassent la baraque ! Michael Bay, nous voilà ! 

Origine, inspiration et développement

Pendant la 1ère guerre mondiale, l’armée utilise des bombes pouvant littéralement détruire un block (pâté) de bâtiments/maisons. Donc, la traduction littérale serait « casseur de baraques » et par extension en expression familière : « ce film casse la baraque »!

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Le « premier » film blockbuster fut sans nul doute The Birth of a Nation de D.W. Griffith de 1915, donc un film muet. Ce film, adapté du livre The Clansman (ce qui vent dire littéralement « membre d’un clan ») par Thomas Dixon Jnr. raconte la reconstruction (naissance) des Etats-Unis après la Guerre de Sécession (1861-1865) à travers la vie de deux familles, une du Nord des Etats-Unis, et l’autre du Sud. Bien qu’ayant eu beaucoup de succès, il fut très controversé à cause de son contenu raciste. Et pour cause, à l’époque, il n’était pas question de faire jouer des noirs, ce sont donc des acteurs blancs qui ont été choisis, avec du maquillage noir.

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Hormis cette boulette sans nom, ce film mis en lumière un nouveau genre : épique, grandiose, très cher, très long, et sans scenario proprement dit.

Le film ne trouvant pas preneur chez les cinémas, D.W. Griffith décide de louer un chapiteau pour la projection du film. Le film attire malgré le prix de l’entrée: 5 dollars la place (soit deux fois plus que le prix normal). Le film durait 3 heures, donc, côté durée, les spectateurs en ont eu pour leur argent.

Le film rencontre un succès tel, que les salles de cinéma décident de le diffuser, toujours au même prix.

Le budget d’environ 100,000 dollars en rapporte environ 3,000,000 (en dollars de l’époque).

L’avènement du parlant en 1927, permet d’énormes possibilités aux blockbusters.

Puis en 1939 un film reprend les mêmes ingrédients : « Autant en Emporte le Vent« , histoire épique et grandiose sur fond de Guerre de Sécession (encore) et la division entre le Nord et le Sud. Cette fois-ci, en revanche, il n’y a pas eu de controverse particulière et Hattie McDaniel (actrice noire) a même reçu l’Oscar du meilleur second rôle féminin . Encore une fois, on retrouvait un contenu étoffé, des revirements de situations, des scènes à suspens et éléments tragiques.

Ce film (adapté du roman de Margaret Mitchell publié en 1936 et qui était un vrai bestseller) dure presque 4 heures. A cette époque, il y avait une coupure en milieu de film, soit l’équivalent d’un entracte au théâtre.

Bien que le budget fût de 3,9 millions de dollars, il en a rapporté globalement 3,5 milliards (en tenant compte de l’inflation) – c’est le film de plus rentable de l’histoire (dépassant Avatar à 3 milliards de dollars).

Pour qu’un blockbuster puisse atteindre le plus de spectateurs possible, il faut qu’il soit un film à « 4 quadrants » – c’est-à-dire qu’il cible les hommes de moins de 25 ans, les hommes de plus de 25 ans, les femmes de moins de 25 ans, et les femmes de plus de 25 ans – bref TOUT le monde en réalité.

Il faut aussi qu’il comprenne plusieurs genres en même temps.

Autant en emporte le Vent a de l’action mais pas trop de violence (hommes -25 ans), une romance (femmes +25, et -25 à priori), guerre, grands espaces (hommes +25 à priori).

L’incarnation (selon certains) du film à 4 quadrants est Titanic (1997) – romance (beau gosse, belle fille), aventure, drame, un peu d’humour et de légèreté, tragédie – de quoi séduire le plus grand nombre.

Autant en Emporte le Vent fut couronné par 8 Oscars, et ne fut dépassé que par West Side Story (1962) – 10 Oscars; Ben-Hur (1959), Titanic (1997), et le Seigneur des Anneaux (trilogie achevée en 2003), tous trois remportant chacun 11 Oscars. A noter en passant que ces trois derniers sont tous considérés comme des blockbusters; le premier de l’ère « classique » et les deux derniers de l’ère plus moderne.

 

Il faut dire que très souvent l’inspiration pour des films – blockbusters ou non – viennent de livres.

Tel fut le cas pour Les Dents de la Mer (1975). Le livre de Peter Benchley se vendait plus ou moins bien, et quand Spielberg a trouvé que l’histoire ferait un bon film, il s’est très bien rendu compte des difficultés qu’il pourrait rencontrer (malgré son jeune âge et son expérience quasi nulle).

L’anecdote (non confirmée) était que Spielberg avait acheté les droits du livre à moindre prix, avant qu’il devienne le bestseller qu’on connaît. Il aurait contacté des éditeurs et/ou librairies pour que le livre soit réimprimé à grande échelle et disponible également à grande échelle, visible dans les vitrines.

Donc des « acheteurs » ont été missionnés pour acheter autant d’exemplaires que possible afin de gonfler les ventes pour en faire un best-seller et enfin avoir la légitimité de l’adapter sur grand écran.

Spielberg, voyant que « son » livre se vend bien et devient un bestseller annonce à qui veut l’entendre qu’il va l’adapter au cinéma. Le tournage fut difficile, semé de problèmes (producteurs, adaptation, moyens techniques, etc.)

L’astuce supplémentaire pour s’assurer au maximum le succès était de programmer la sortie de son film l’été. La plupart des blockbusters ou disons plutôt « grands films » de l’époque sortaient à Noël, mais Spielberg voulait le faire l’été, car les salles sont plus vides et par conséquent plus de salles seraient disposées à projeter son film, n’ayant pas été « encombrées » par la sortie d’autres films concurrents.

Par ailleurs, ayant tout de même fait un peu de marketing auparavant sur les plages – un film sur un requin tueur, qui engendrerait la peur d’aller dans la mer – a réussi à attirer le public dans les salles obscures pendant l’été.

Le film, dont le budget dérisoire (tout est relatif) de 12 millions de dollars en a rapporté 470 millions. Jackpot !

Bien que, immédiatement après le succès du film, il n’y ait pas eu de marketing/merchandising, ceci a été largement remédié suite aux autres films qui ont, eux, fait leurs promotions post-film, avec quelques jeux, des jouets en forme de requin, etc.

Mais, même sans marketing, la réputation de Spielberg était établie. Il devenait LE réalisateur à suivre.

Deux ans plus tard, Star Wars (La Guerre des Etoiles – Un Nouvel Espoir – 1977) dépasse Les Dents de la Mer (qui, lui, n’avait pas bénéficié de marketing). Georges Lucas, l’avant-gardiste, mise sur le marketing (surtout les produits dérivés). En effet, le merchandising n’existait pratiquement pas à l’époque et la 20th Century Fox (convaincu que le film ferait un flop) accepte donc que Lucas renonce à son supplément de salaire de 500,000$ en lui octroyant les droits exclusifs des produits dérivés du film. Très bonne chose pour Lucas, mais un désastre pour la Fox.

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