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Retrospective des personnages principaux sans nom du cinéma (et séries TV)

“Mais bon sang, c’est quoi son nom à ce personnage ? Ah ben il en a pas en fait.” Voici un focus sur les personnages sans identité qui ont marqué l’histoire du cinéma.

Intéressons-nous (entre autres) à ces personnages sans nom, incontournables dans les films ou les séries. Attention, à ne pas confondre avec les personnages qui ont des pseudos (comme le Joker, M, etc.). Eux, on ne les appelle pas, on les décrit et ils sont indispensables à l’intrigue. C’est parti pour une petite analyse.

Des films muets aux westerns

Petit retour en arrière… Les films muets étaient par nature, limités dans leur champ de nomination des personnages. Ils invitent plus volontiers les spectateurs à trouver eux-mêmes un qualificatif à leur personnage. C’est le cas notamment avec “Le petit homme” dans “La Ruée vers l’or” ou “Le barbier” dans “Le Dictateur”.

Puis, petite avance rapide, nous avons retrouvé cette méthode dans les westerns tels que “Il était une fois dans l’Ouest” d’Ennio Morricone et son “homme à l’harmonica”, mais aussi avec “L’homme sans nom” dans “Et pour quelques dollars de plus” ou encore “Le Bon” dans “Le Bon, La brute et le truand” de Sergio Leone.

L’un des personnages qui symbolise le mieux cette absence d’identité est Personne dans “Mon nom est Personne” incarné par Terence Hill. Motivé par un désir de vengeance, il se fait juste appeler “Personne”. D’ailleurs après la scène du (faux) duel final, on peut lire sur un mur de la ville “Jack Beauregard, 1848-1899. Personne ETAIT plus rapide que lui” et non “Personne N’ETAIT plus rapide que lui”.

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L’ennemi ou l’allié

Il fait tout ce qu’il faut pour rester en vie ou changer les choses. Son rôle est souvent capital à l’intrigue car son implication permet souvent au personnage principal d’atteindre son but ou de découvrir des éléments importants sur sa quête. C’est le cas par exemple dans “Drive” avec le personnage de Ryan Gosling que nous pourrions qualifier de directement actif. L’histoire est impactée par son comportement et par ses actions au point que le film tourne autour de lui (c’est certes une entourloupe scénaristique car le but est, in fine, d’en faire le personnage principal). A contrario, les personnes mystère “de l’ombre” impactent l’histoire par leur influence ou leur rôle de guide envers le personnage principal.

Cette idée est très bien exploitée dans la série “Game of Thrones” avec le mentor d’Arya dans la saison 5. Ce fameux “Anti-Yoda” qui lui apprend à devenir “Une fille sans nom”, sans identité, pour rejoindre un groupe d’assassins sans visages, sans histoire, se fondre dans la masse pour devenir invisible. Leur survie dépend souvent de leur anonymat comme nous pouvons le constater avec “V” pour Vendetta.

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Notre intérêt pour ces personnages est motivé par la curiosité. Au fil de l’histoire, nous sommes attentifs au moindre détail qui pourrait nous en dire davantage. Il nourrit l’imagination du spectateur qui va justifier ainsi les actions du personnage “mystère” grâce à des théories plus ou moins crédibles. 

Les personnages ne sont définis que par leur action ou leur comportement. Le spectateur est obligé de s’en tenir aux faits. Nous sommes donc, d’une part, réduits aux actions mais d’autre part cela permet de lui inventer une histoire et remplir le vide laissé par le scénario. Qui n’a jamais pensé “Si ce mec fait ça, c’est parce qu’il a du lui arriver ça…” ?

Le rôle d’Arya est intéressant car sa démarche première pour devenir une fille sans nom est motivée par la vengeance. Elle remet le sens de sa vie entre les mains d’un inconnu parce qu’il a des capacités qu’elle veut acquérir. Qui il est n’a pas d’importance.

Et dans les films d’horreur alors ?

Dans un autre registre cette fois, un des personnages les mieux exploités par cette anonymat est celui du clown dans “ça” et “il est revenu”. D’ailleurs le titre original est tout simplement “It” car il est indéfinissable. La peur qu’il suscite chez ses victimes est accentuée par cette absence d’identité. Ils ne peuvent que le décrire que physiquement, il n’a pas de nom, pas d’histoire. Il est la personnification de l’inconnu et l’inconnu fait peur. C’est ce que Stephen King a voulu développer à travers ce personnage. 

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Ces personnages sont capitales dans l’intrigue pour leur influence et la substance qu’ils apportent aux autres  personnages (“V” dans “Vendetta” par exemple ou le mentor d’Arya). Le spectateur est souvent fasciné par le personnage principal qui est lui-même fasciné par ce personnage anonyme. Sa présence impacte la dynamique de l’intrigue et fait de lui, par effet de ricocher, un personnage principal anonyme aussi capital que le personnage principal nommé.

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